L'Atlantide |
L'Atlantide de Platon
Voici le texte écrit par le Grand Platon en 400 av J.Christ |
Magnétophone |
« Il y a en
Égypte ,» dit Solon, « dans le Delta, vers la pointe duquel le
cours du Nil se partage, un certain neume, qu'on appelle Saïtique,
et de ce neume, la plus grande ville est Saïs. ANTIQUITE D ATHENES Et le prêtre répondit: « Je n'userai point de réticence, mais par égard pour vous, Solon, pour votre cité, et plus encore pour la Déesse qui a protégé, élevé, instruit votre cité et celle-ci, je vous le dirai. De nos deux cités, la plus ancienne est la vôtre et de mille ans, car elle a reçu votre semence de Gaia et d'Héphaistos. Celle-ci est plus récente. Or, depuis que ce pays-ci est civilisé, il s'est écoulé, portent nos écrits sacrés, le chiffre de huit mille années [ Les lois égyptiennes reproduisent les lois d'Athènes d'il y a neuf mille ans.] C'est donc de vos concitoyens d'il y a neuf mille ans que je vais vous découvrir brièvement les lois, et parmi leurs hauts faits, je vous dirai le plus beau qu'ils aient accompli Pour le détail exact de tout, nous le parcourrons de suite une autre fois, quand nous en aurons le loisir, en prenant les textes eux-mêmes. Or, Comparez d'abord vos lois à celles de cette cité-ci. De nombreux exemples de celles qui existaient alors chez vous, vous les trouverez ici aujourd'hui. En premier lieu, la classe des prêtres séparés de toutes les autres et mise à part, puis la classe des artisans, puisque chaque sorte d'artisans exerce son métier séparément, sans se mêler à aucune autre, la classe des bergers, celle des veneurs et celle des laboureurs. Et pour la classe des combattants, vous avez constaté sans doute qu'elle est également ici distincte de toutes les autres, et qu'à ses membres la loi a prescrit de ne s'occuper de rien, sinon de ce qui concerne la guerre. De même, pour la forme de leur armement, écus et lances, dont les premiers, parmi les peuples qui avoisinent l'Asie, nous avons été armés. Car c'est la Déesse qui, comme en ce pays-ci, vous l'a enseignée, à vous les premiers. Et pour l'esprit, vous voyez sans doute combien la loi en a pris soin par ici, dès le début, ainsi que de l'éducation, et comme elle nous a tout découvert, jusqu'à la divination, et à la médecine qui concerne la santé, depuis ces sciences divines jusqu'à leurs applications humaines, et comment elle nous a fourni de même toutes les autres sciences qui font suite à celles-là. Eh oui, c'est ce même arrangement et celte même organisation que la Déesse vous avait donnés en partage, à vous les premiers. Elle avait élu le lieu où vous êtes nés : elle y avait considéré l'harmonieux mélange des saisons, qui le rendait apte à porter les hommes les plus intelligents. Et, parce que cette Déesse aimait à la fois la guerre et la science, voulant que ce lieu portât les hommes les plus faits à sa ressemblance, c'est lui qu'elle a choisi et peuplé d'abord. Vous l'habitâtes donc, sous des lois semblables aux nôtres et même encore meilleures. Et vous surpassiez tous les hommes en toutes sortes de qualités, comme il sied à des rejetons et à des élèves des dieux. Nombreux et grands furent vos exploits et ceux de votre cité : ils sont ici par écrit et on les admire [ Lutte d'Athènes et des peuples riverains de la Méditerranée contre 1'Atlantide. ] Mais un surtout l'emporte sur tous les autres en grandeur et en héroïsme. En effet, nos écrits rapportent comment votre cité anéantit jadis une puissance insolente qui envahissait à la fois toute l'Europe et toute l'Asie et se jetait sur elles du fond de la mer Atlantique L' ATLANTIDE Car, en ce temps-là, on pouvait traverser cette mer. Elle avait une île, devant ce passage que vous appelez, dites-vous, les colonnes d'Hercule. Cette île était plus grande que la Libye et l'Asie réunies. Et les voyageurs de ce temps-là pouvaient passer de cette île sur les autres îles, et de ces îles, ils pouvaient gagner tout le continent, sur le rivage opposé de cette mer qui méritait vraiment son nom. Car, d'un côté, en dedans de ce détroit dont nous parlons, il semble qu'il n'y ait qu'un hâvre au goulet resserré et, de l'autre, au dehors, il y a cette mer véritable et la terre qui l'entoure et que l'on peut appeler véritablement, au sens propre du terme, un continent. Or, dans cette île Atlantide, des rois avaient formé un empire grand et merveilleux. Cet empire était maître de l'île tout entière et aussi de beaucoup d'autres îles et de portions du continent. En outre, de notre côté, il tenait la Libye jusqu'à l'Egypte et l'Europe jusqu'à la Tyrrhénie. Or cette puissance, ayant une fois concentré toutes ses forces, entreprit, d'un seul élan, d'asservir votre territoire et le nôtre et tous ceux qui se trouvent de ce côté-ci du détroit. [Rôle d'Athènes dans la guerre contre l'Atlantide ] C'est alors, Ô Solon, que la puissance de votre cité fit éclater aux yeux de tous son héroïsme et son énergie. Car elle a emporté sur toutes les autres par la force d'âme et par l'art militaire. D'abord à la tête des Hellènes, puis seule par nécessité, abandonnée par les autres, parvenue aux périls suprêmes, elle vainquit les envahisseurs, dressa le trophée, préserva de l'esclavage ceux qui n'avaient jamais été esclaves, et, sans rancune, libéra tous les autres peuples et nous-mêmes qui habitons à l'intérieur des colonnes d'Hercule. [Disparition de l'Atlantide.] Mais, dans le temps qui suivit, il y eut des tremblements de terre effroyables et des cataclysmes.Dans l'espace d'un seul jour et d'une nuit terribles, toute votre armée fut engloutie d'un seul coup sous la terre, et de même l'île Atlantide s'abîma dans la mer et disparut Voilà pourquoi, aujourd'hui encore, cet océan de là-bas est difficile et inexplorable, par l'obstacle des fonds vaseux et très bas que l'île, en s'engloutissant, a déposés. » Vous avez entendu en bref, ô Socrate, comment Critias ce qu'avait dit le vieux Critias ce qu' il tenait de Solon. Hier, quand vous parliez de la cité et des citoyens que vous décriviez, j'étais dans l'émerveillement, en me rappelant ce que je viens de dire. Je songeais que, par quelque hasard divin et bien à propos, vous vous étiez rencontré, pour la plupart des choses, avec ce que Solon avait dit. Mais je n'ai point voulu le dire incontinent. Car, par l'effet du temps, je ...... IL MANQUE LES SOUVENIRS DE CRITIAS LE CRITIAS La Déesse mémoire. Car, c'est bien au pouvoir de cette divinité que réside entièrement ce qu'il y a de plus important dans nos discours. Si nous pouvons nous rappeler suffisamment et reproduire les propos que tinrent autrefois les prêtres égyptiens et que Solon a rapportés en ces lieux, nous apparaîtrons, je le sais, à ce public, comme ayant réalisé notre tâche, ainsi qu'il convient. C'est donc ce qu'il faut faire tout de suite et sans plus tarder. RESUME DU TIMEE : Avant tout, rappelons-nous l'essentiel. Il y a en tout neuf mille ans, depuis que la guerre éclata, dit-on, entre les peuples qui habitaient au-delà des Colonnes d'Hercule et tous ceux qui habitaient à l'intérieur. C'est cette guerre qu'il nous faut maintenant raconter d'un bout à l'autre. De ce côté, cette cité, nous l'avons dit, en avait la conduite et elle a soutenu la guerre, du commencement jusqu'à la fin. De l'autre côté, commandaient les rois de l'ile Atlantide. Cette île, nous l'avons déjà dit, était alors plus grande que la Libye et que l'Asie réunies. Aujourd'hui qu'elle a été submergée par des tremblements de terre, il n'en reste plus qu'un fonds vaseux infranchissable, obstacle difficile pour les navigateurs qui cinglent d'ici vers la grande mer . Les nombreux peuples barbares et ce qu'il y avait alors de populations hellènes apparaîtront successivement, à mesure qu'en se déroulant, le fil de mon discours les rencontrera tour à tour. Mais, les Athéniens d'alors et les ennemis qu'ils combattirent, il faut que je vous les présente en commençant, et que je vous fasse connaître les forces et l'organisation politique des uns et des autres. Et entre ces deux peuples mêmes, c'est de ceux de par ici qu'il faut nous efforcer de parler d'abord. ATHENA RECOIT LA GRECE EN PARTAGE :
C'est par ces procédés qu'ils dirigeaient
et gouvernaient toute la race des mortels. Ainsi régnèrent-ils,
les uns ici, les autres là, suivant les régions qui leur échurent
en partage. [ .... puis texte sur la Grèce ancienne, puis détails sur Athènes ... ] L'Atlantide , pourquoi les noms grecs : Quant aux caractères de leurs adversaires et à leur nature originelle nous allons vous les découvrir, afin que ces connaissances nous soient communes, comme à des amis, si toutefois nous n'avons pas perdu le souvenir de ce que nous entendîmes raconter dans notre enfance. Et d'abord, il me faut vous avertir, d'un mot, avant de commencer mon récit, afin que vous ne soyez pas surpris en m'entendant souvent donner à des Barbares des noms Grecs. Apprenez-en la cause. Solon, voulant utiliser ce récit dans ses poèmes, demanda quel était le sens de ces noms. Il découvrit que les Egyptiens, qui, les premiers avaient écrit cette histoire, les avaient transcrits dans leur idiome. Lui-même, ayant retrouvé la signification de chaque nom, les retraduisit une deuxième fois dans notre langue, pour les écrire. Or, les manuscrits mêmes de Solon étaient chez mon aïeul ; maintenant ils sont encore chez moi et je les ai fort étudiés dans ma jeunesse. Lors donc que vous entendrez des noms pareils à ceux de par ici, n'en soyez pas surpris : vous en connaissez la raison. Voici maintenant quel était à peu près le début de ce long récit. POSEIDON RECOIT L'ATLANTIDE EN PARTAGE : Comme on l'a dit plus haut, en parlant du
tirage au sort, auquel avaient procédé les Dieux, ils divisèrent
toute la terre en lots, plus grands ici, plus petits ailleurs. Ils
y instituèrent, en leur propre honneur, des cultes et des sacrifices.
C'est ainsi que Poséidon, ayant reçu en partage l'île Atlantide,
installa, en certain lieu de cette île, les enfants qu'il avait
engendrés d'une femme mortelle. Près de la mer, PLAN DE LA CAPITALE Ainsi, recueillant sur leur sol toutes ces richesses, les habitants de l'Atlantide, les habitants de l'Atlantide construisirent les temples, les palais des rois, les ports, les bassins de radoub et ils embellirent aussi tout le reste du pays, dans l'ordre que voici.
Ce palais des rois, ils l'avaient élevé, dès l'origine, dans la demeure même du Dieu et de leurs ancêtres. Chaque souverain recevait le palais de son prédécesseur, embellissait à son tour ce que celui-ci avait embelli. Il cherchait toujours à le surpasser autant qu'il le pouvait, au point que quiconque voyait le palais était saisi d'étonnement, devant la grandeur et la beauté de l'oeuvre. Ils firent, en commençant à la mer, La plus grande des enceintes d'eau, celle
où pénétrait la mer, était large de trois stades, et l'enceinte
de terre qui lui faisait suite avait une largeur égale. Dans le
second cercle, l'enceinte d'eau avait deux stades de large et l'enceinte
de terre avait encore une largeur égale à la sienne. Mais, l'enceinte
d'eau qui entourait immédiatement l' île centrale, n'avait qu'un
stade. L'île, dans laquelle se trouvait le palais des rois, avait
un diamètre de cinq stades Or, l'île, les enceintes et le pont
(qui avait une largeur d'un plèthre ), ils les entourèrent entièrement
d'un mur de pierre circulaire Ils mirent des tours et des portes
sur les ponts, à tous les endroits où passait la mer. Ils tirèrent
la pierre nécessaire de dessous la périphérie de l'île centrale
et de dessous les enceintes, à l'extérieur et à l'intérieur.
Il y en avait de la blanche, de la noire et de la rouge. Et, en
même temps qu'ils extrayaient la pierre ils creusèrent en dedans
de l'île deux bassins pour navires, avec le rocher même pour toiture.
Et, des constructions, les unes étaient toutes simples : dans les
autres, ils entremêlèrent les sortes de pierre et varièrent les
couleurs pour le plaisir des yeux, et ils leur donnèrent ainsi
une apparence naturellement plaisante. Le mur qui entourait l'enceinte
la plus extérieure, ils en revêtirent tout le tour, de cuivre,
qui lui fit comme un enduit. Ils recouvrirent d'étain fondu l'enceinte
intérieure et quant à celle qui entourait l'Acropole elle-même,
ils la garnirent d'orichalque, qui avait des reflets de feu. Quant aux sources, celle d'eau froide et
celle d'eau chaude, toutes deux d'une abondance généreuse et merveilleusement
propres à l'usage, par l'agrément et les vertus de leurs eaux,
ils les utilisaient, disposant autour d'elles des constructions
et des plantations appropriées à la nature des eaux. Ils avaient
installé tout autour, des bassins, les uns à ciel ouvert, les
autres couverts, destinés aux bains chauds en hiver : il y avait
séparément les bains royaux et ceux des particuliers, d'autres
pour les femmes, pour les chevaux et les autres bêtes de somme,
chacun avec la décoration appropriée. Géographie de l'Atlantide, organisation
: Essayons maintenant de rappeler quelle était
la disposition du reste du pays, et comment il était organisé.
En premier lieu, le territoire tout entier était élevé, dit-on,
et il dominait la mer à pic. Mais, tout le terrain autour de la
ville était plat. En ce qui touche le nombre des hommes de la plaine bons pour la guerre, il avait été fixé que chaque district fournirait un chef de détachement. La grandeur du district était de dix stades sur dix, et il yen avait, en tout, six myriades. Quant aux habitants des montagnes et du reste du pays, ils étaient, disait-on, en nombre immense, et tous, suivant les emplacements et les villages, avaient été répartis entre les districts et sous le commandement de leurs chefs. Il était prescrit que chaque chef de détachement fournirait pour la guerre, un sixième de char de combat, jusqu'à concurrence de dix mille chars ; deux chevaux et leurs cavaliers, en outre un attelage de deux chevaux, sans char, portant un combattant porté, avec un petit bouclier, et le combattant monté chargé de conduire les deux chevaux, deux hoplites, deux archers, deux frondeurs, trois fantassins légers armés de pierriers, trois autres armés de javelots et enfin quatre marins, pour former au complet les équipages de douze cents navires. Telle était l'organisation militaire de la cité royale. Pour les neuf autres provinces, chacune avait la sienne, et il faudrait longtemps pour les expliquer . En ce qui concerne l'autorité et les charges publiques, elles furent, dès le début, organisées de la façon que voici. Des dix rois, chacun exerçait le pouvoir dans la partie qui lui revenait, et dans sa cité commandait aux citoyens, faisait la plupart des lois, pouvait châtier et mettre à mort qui il voulait. Mais, l'autorité des rois les uns sur les autres et leurs rapports étaient réglés d'après des décrets de Poséidon. La tradition le leur prescrivait, ainsi qu'une inscription gravée par les premiers rois sur une colonne d'orichalque, qui se trouvait au centre de l'ile, dans le temple de Poséidon. Le culte du taureau : Les rois se réunissaient là périodiquement, tantôt tous les cinq, tantôt tous les six ans, faisant alterner régulièrement les années paires et les années impaires. Dans cette réunion, ils délibéraient sur les affaires communes, ils décidaient si quelqu'un d'entre eux avait commis quelque infraction et ils jugeaient. Lorsqu'ils devaient rendre la justice, ils se donnaient d'abord mutuellement leur foi, en la forme que voici. On lâchait des taureaux dans l'enclos sacré de Poséidon. Les dix rois, restés seuls, après avoir prié le Dieu de leur faire capturer la victime qui lui serait agréable, se mettaient en chasse, sans armes de fer, avec seulement des épieux de bois et des filets. Celui des taureaux qu'ils prenaient, ils le menaient à la colonne et l'égorgeaient à son sommet, comme il était prescrit. Sur la colonne, outre les lois, il y avait, gravé, le texte d'un serment qui proférait les anathèmes les plus terribles contre qui le violerait. Après donc qu'ils avaient effectué le sacrifice conformément à leurs lois et consacré toutes les parties du taureau, ils remplissaient de sang un cratère et aspergeaient d'un caillot de ce sang chacun d'eux. Le reste, ils le mettaient au feu, après avoir fait des purifications tout autour de la colonne. Ensuite, puisant du sang avec des coupes d'or dans le cratère, et le versant dans le feu, ils faisaient le serment de juger en conformité avec les lois inscrites sur la colonne, de châtier quiconque les aurait violées antérieurement, de n'enfreindre de plein gré, à l'avenir, nulle des formules de l'inscription, de ne commander et de n'obéir que conformément aux lois de leur père. Chacun prenait cet engagement pour lui-même et pour toute sa descendance. Puis il buvait le sang et remettait la coupe et l'ex-voto dans le sanctuaire du Dieu. Après quoi, il soupait et vaquait aux autres occupations nécessaires. Quand l'obscurité était venue et que le feu des sacrifices était refroidi, tous revêtaient de très belles robes d'azur sombre et ils s'asseyaient à terre, dans les cendres de leur sacrifice sacramentaire. Alors, dans la nuit, après avoir éteint toutes les lumières autour du sanctuaire, ils jugeaient et subissaient le jugement, si l'un d'eux en accusait un autre d'avoir commis quelque infraction. La justice rendue, ils gravaient les sentences, le jour venu, sur une table d'or, qu'ils consacraient en souvenir, ainsi que leurs robes. Il y avait, de plus, beaucoup d'autres lois spéciales sur les attributions propres de chacun des rois. Les plus notables étaient : ne point prendre les armes les uns contre les autres, s'entre-secourir tous, si l'un d'eux avait tenté, dans une cité quelconque, de chasser une des races royales, délibérer en commun, comme leurs ancêtres, échanger leurs avis, au sujet de la guerre et des autres affaires, en laissant toujours l'hégémonie à la race d'Atlas Un roi n'était pas maître de donner la mort à aucun de ceux de sa race, si tel n'était pas l'avis de plus de la moitié des dix rois. LA DESOBEISSANCE : Or, cette puissance, d'une nature telle et si grande, qui existait alors en ce pays, le Dieu la dirigea lui-même contre nos régions, à ce qu'on rapporte, pour quelque raison du genre que voici. Pendant de nombreuses générations, et tant que domina en eux la nature du Dieu, les rois écoutèrent les lois et demeurèrent attachés au principe divin, auquel ils étaient apparentés. Leurs pensées étaient vraies et grandes en tout ; ils usaient de bonté et aussi de jugement en présence des événements qui survenaient, et les uns à l'égard des autres. Aussi, dédaigneux de toutes choses, hors la vertu, faisaient ils peu de cas de leurs biens : ils portaient comme un fardeau la masse de leur or et de leurs autres richesses, ne se laissaient pas griser par l'excès de leur fortune, ne perdaient pas la maîtrise d'eux-mêmes et marchaient droit. Avec une clairvoyance aiguë et lucide, ils voyaient bien que tous ces avantages s'accroissent par l'affection réciproque unie à la vertu, et qu'au contraire, le zèle excessif pour ces biens et l'estime qu'on en a font perdre ces biens eux-mêmes, et que la vertu aussi périt avec eux. Par l'effet de ce raisonnement et grâce à la présence persistante du principe divin en eux, tous les biens que nous venons d'énumérer ne cessaient de s'accroître à leur profit. Mais, quand l'élément divin vint à diminuer en eux, par l'effet du croisement répété avec de nombreux éléments mortels, quand domina le caractère humain, alors incapables désormais de supporter leur prospérité présente, ils tombèrent dans l'indécence. Aux hommes clairvoyants, ils apparurent laids, car ils avaient laissé perdre les plus beaux des biens les plus précieux. Au contraire, aux yeux de qui ne sait pas discerner quel genre de vie contribue véritablement au bonheur, c'est alors qu'ils semblèrent parfaitement beaux et bienheureux, tout gonflés qu'ils étaient d'injuste avidité et de puissance. Et le Dieu des Dieux, Zeus, qui règne par les lois, et qui, certes, avait le pouvoir de connaître tous ces faits, comprit quelles dispositions misérables prenait cette race, d'un caractère primitif si excellent. Il voulut leur appliquer un châtiment, afin de les faire réfléchir et de les ramener à plus de modération. A cet effet, il réunit tous les Dieux, dans leur plus noble demeure : elle est située au centre de l'univers et elle voit de haut tout ce qui participe du devenir. Et, les ayant rassemblés, il dit : Fin |